Le Laugavegur, de Landmannalaugar à Skogar

<UP>

Après deux jours à Hella, la ville de tous les oublis (Sarah sa veste, Paul-Loup son portefeuille, Mathieu son portefeuille et sa bouffe, et j’en passe..)
Nous voici arrivés à Landmannalaugar, connue pour ses couleurs et aussi pour être le départ (ou l’arrivée, ça se fait dans les deux sens) du trek Laugavegur, nommé ainsi en référence à la plus grande avenue de Reykjavik, car il s’agit du trek le plus célèbre d’Islande !

Il fait beau, presque bon, et les sources chaudes sont gratuites alors pourquoi ne pas en profiter?
Après un court bain, l’Islande nous ramène a sa réalité : une énorme averse trempe tous nos sacs, toutes nos affaires, qui resteront trempées pendant….2 jours au moins, même après les avoir faites sécher dans les toilettes du camping (équipe de winners, l’avais-je précisé?).

Le lendemain, on part pour le trek. Dès le 1er kilomètre, champ d’obsidiennes à perte de vue. On en aurait ramené des kilos si notre sac n’était pas (déjà) si lourd! On arrive assez vite face à un des plus beaux paysages que nous ayons pu voir, et sans pluie en plus. Ce que nous ne savions pas, c’est que ce n’était que le début.

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Landmannalaugar
Landmannalaugar
Landmannalaugar
Landmannalaugar
Landmannalaugar

Puis commence l’ascension vers le premier refuge, Hrafntinnusker. Après environ 20 minutes de marche sous un temps de plus en plus nuageux, il arrive. Ce brouillard épais, qui rend l’avancée difficile, nous empêche de voir la plupart des piquets de balisage, celui qui ne nous quittera plus avant deux bonnes heures.

The fog !
The fog !

On arrive ainsi au premier refuge, & par le miracle de la tarte Tatin, le temps s’est dégagé. On admire la vue sur les montagnes, mangeons à côté du refuge et repartons en route vers la prochaine étape, le lac Alftavatn.

Vue du refuge
Vue du refuge

Le chemin est bien balisé, bien que traversant de nombreux vallons et donc, de nombreuses pentes courtes mais très raides. Il pleut par intervalles, on en vient à se dire que c’est du beau temps, finalement, quand ce n’est pas l’averse ici (Sous la pluie, le verre est à moitié plein… jusqu’à ce qu’il se remplisse complètement ! 😉 ). .
Après environ 2h, on aperçoit le lac, enfin. Il est loin en contrebas. Loin.

Vers le lac
Vers le lac
En file indienne
En file indienne
Enfin, le lac en vue !
Enfin, le lac en vue !

Et là, contre toute attente (non, en fait, s’y attendait un peu), la descente infernale commence. Rochers, cailloux, qui roulent sous nos pieds quand ce n’est pas nous qui roulons par terre. Un vent violent nos pousse sur le sol et à chaque pas menace de nous faire dégringoler jusqu’en bas.
Après environ 30 minutes d’effort et de chutes à répétition (vent+sac à dos+ pente = on tombait comme des châteaux de cartes), on arrive dans la vallée du lac sans le voir.
Petit passage à gué au genou, puis nous continuons notre longue marche à travers le désert qui mène au lac.

Ainsi,  après 8h de marche, nous arrivons à Alftavatn, nous plantons les tentes et tombons aussitôt dans les bras de Morphée..
Jusqu’à ce que nous soyons réveillés vers 6h du matin, par le vent, la pluie, mais aussi par d’étranges cris : « La tente s’est cassée! », « Mon duvet s’envole! », « Merde, ma couverture de survie se déchire! ». En effet, dehors, c’est la tempête. Les gens courent au refuge pour s’abriter, tandis que d’autres courent après leurs affaires envolées vers le lac. Vers 8h, le constat amer tombe. Personne (des 40 personnes qui nous étions) ne partira continuer le Laugavegur, les passages à gué sont devenus infranchissables. Déception, désespoir. A ce moment là, notre moral est au fond du lac, dans les tréfonds d’une eau trop froide pour qu’on puisse aller le chercher.

Reprise donc, à Thorsmork, et lendemain, départ pour l’extension du trek, le Fimmvorduhals Pass. Elle constitue la liaison entre Thorsmork et Skogar, et le sentier qui sillone entre deux glaciers habités de volcans, Eyjafjallajökull et Myrdalsjökull.

Thorsmork
Thorsmork

A peine le temps de croiser un autre randonneur, de s’assurer du chemin, et nous voilà partis ! Dès le départ, montée raide dans la forêt islandaise (soit, arbre culminant : 1,60m, on est loin des sequoia giganteum américains, faut l’avouer), puis doucement, on s’élève vers les hauts plateaux.

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En route !
Vue du ciel..
Vue du ciel..
Hauteurs... et un arc en ciel !
Hauteurs… et un arc en ciel !

Et puis,  après un peu moins de 2h de marche, apercevons-nous le mur de la mort. On se dit que non, quand même, c’est pas possible, c’est le chemin des moutons, pas des humains.

Le fameux (et derrière, ça continue)
Le fameux (et derrière, ça continue)

Mais.. en fait, si, comme l’indique une pancarte.

Celle-là.
Celle-là.

Ce dénivelé, raide, donne sur une falaise à pic. Si tu tombes, je tombe, c’est le principe. Certains passages se font à l’aide d’une corde, accroché au rocher, agrippé à une chaîne en qui on ne peut avoir confiance. Le vent glacial nous caresse un peu plus à chaque pas. La pente continue, balayée par le vent, jusqu’à un ultime panorama.

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waw + les copains !

Ensuite vient le passage entre les glaciers, Eyjafjallajökull et Myrdalsjökull. De la neige, encore, et encore de la neige, dans laquelle nous avançons. Le temps est clair, et même si le vent est toujours glacial, le soleil réchauffe le moral. A ce moment là, nous avons fait environ 20km. Même pas la moitié du chemin, mais ça, nous l’ignorons encore.

Glaciers
Glaciers

Le chemin continue ensuite jusqu’à un refuge, une boite de conserve triangulaire, dans lequel rentre 20 personnes, selon un français qui y séjourne pour la nuit. Nous, on fait une pause le temps d’une barre de céréales, puis ça repart ! Bien décidés à arriver à Skogar avant la nuit (qui se couche à 23h, de fait ça laisse du temps).
On voit la mer depuis la hutte en taule, et on la verra encore pendant un bon moment sans jamais avoir l’impression qu’elle se rapproche… Le chemin est long et fatigue notre moral, tandis que la descente fatigue nos genoux.

On finit  par traverser un pont à la barrière… Invisible à droite ! Ou peut-être absente ?

Un pont uni-côté
Un pont uni-côté

Et on retrouve la rivière un peu plus loin… juste avant d’arriver à Skogar (ce que  nous ne savions pas encore!)

De l'eau
De l’eau

Après 9 heures de marche, par inattention, on perd de vue le chemin, alors on décide de couper à travers la plaine pour le retrouver, parce que bon, nos sacs sont lourds, on a faim, et un tas d’autres raisons pour lesquelles on avait envie d’arriver (dont : manger une bonne grosse plaque de chocolat Sirius).

Meadow
Meadow

Bonne idée, plutôt coup de chance, on tombe sur le haut de la cascade en moins de 10 minutes (enfin, on arrive en haut hein, on est pas tombés dedans, c’est froid l’eau en Islande).
On donc finit par arriver à Skogar après 10h de marche, fiers de nous mais bien fatigués.

Skogafoss
Skogafoss

En conclusion, ce trek n’est pas difficile de part son dénivelé (même si le lendemain on avait un peu mal aux jambes quand même, remercions pour cela le mur de la mort ! 😉 ) : en un jour, nous avons fait deux étapes en marchant à un rythme normal quand la visibilité le permettait. En effet, lorsque nous avons traversé des passages dans le brouillard, nous avancions plus lentement, avec des hésitations… Cependant, avec du beau temps par intervalles, c’est vraiment agréable !

Et vous savez quoi ? Le lendemain, il a fait BEAU !

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