Pourquoi voyager en France, c’est pas nul

Dédié à quelqu’un qui se reconnaîtra

Souvent, quand on parle de voyage en France, on se dit « Mouais, les produits du terroir, très peu pour moi », « le musée de la vache en Creuse? Quelle horreur ! », « Voir le vieux paysan bourru dans sa Franche Comté ? Absolument jamais ! »

Certes, pour beaucoup d’entre nous, le voyage en France constitue essentiellement le week-end en famille, avec les grands parents, les petits enfants, le jardin et les pissenlits, bref,  tout sauf l’aventure ultime.
Je suis même sure que si vous demandez à votre voisin s’il a déjà voyagé, la France est le dernier pays auquel il pensera (à part s’il n’est pas français, hein, là la règle ne s’applique pas) et peut être même qu’il n’y pensera pas si vous ne lui dites pas : « et en France? »
Ou alors il vous regardera avec de gros yeux. De très gros yeux ronds pleins d’incompréhension.

On a tous beaucoup de préjugés sur le voyage à la bonne franquette, et pour vous aujourd’hui, je vais tâcher d’en démentir quelque uns (pas tous, certes, car en effet le vieux paysan bourru EXISTE, en vrai, mais il peut être cool !)

1. La France ? Mais c’est pas vraiment voyager, c’est chez nous!

C’est la principale erreur, que j’ai faite, avant de découvrir que j’étais un peu (totalement) dans le faux !
On pense souvent que la France c’est pareil, parce que  c’est notre pays et que, de toute façon, il faut partir à l’étranger pour s’émerveiller. Or, quand je suis partie en randonnée dans les Hautes Alpes dans le parc des Ecrins pendant 3 jours avec des amis, nous avons étés plus qu’émerveillés par ce que nous avons vu. De la neige en juillet, (de la poudreuse, oui oui), 3 jours de liberté sur les sentiers sur lesquels nous n’avons croisé qu’une dizaine de personnes, aucun village en vue, rien que la nature. 5000 mètres de dénivellé positif, la montagne comme on ne l’avait jamais vue (pourtant, je me balade dans les Ecrins depuis mon enfance, mais à chaque nouveau sentier, un peu plus loin, on redécouvre la vie. Si si !)

Col de freissinières
Col de freissinières

J’habitais à Berre l’Etang (avant de l’abandonner), une petite ville des Bouches-du-Rhône connue pour son industrie pétrochimique, son odeur quand on y arrive (beurk !)…. & j’adore cette ville, à chaque fois que je m’y rends je découvre. On y trouve des salins, les mêmes qu’en Camargue, pour soi tout seul. (je tiens même un petit inventaire qui recense pas moins de 65 espèces d’oiseaux, et toc !)  Zéro touriste, puisqu’on est à Berre & que les gens ont une si piètre opinion de leur ville. Plus au nord, ce sont les campagnes, & leurs rapaces, visibles partout en été. Vu qu’on n’aura jamais tout vu, il est toujours possible de découvrir.
C’est vrai quoi : à chaque fois que je sors de chez moi, je sais que je vais voir quelque chose de plus. Et c’est ça le voyage, non ?

Maison !
Maison !

2. Mais le stop en France, c’est impossible, y’a que des cons !

En plein cœur de Paris, c’est sur que trouver quelqu’un qui vous prend en stop sera peut être un peu dur, et encore tant qu’on a pas essayé on peut pas savoir! Mais une fois éloignés de la grande ville, partis à l’aventure dans les campagnes, vous serez surpris de voir le nombre de gens qui s’arrêtent lorsque vous tendez le pouce (ou même parfois lorsque vous ne le tendez pas).
Lors d’une randonnée de 200km en Ardèche,  avec plusieurs amis, nous avions établi des étapes et ne comptions absolument pas sur le stop pour avancer, d’autant plus que nous étions au moins 4.
Cependant, nous prenions de l’avance car nous avions prévu des étapes d’environ 20km par jour et c‘était assez large. Ainsi, nous nous sommes dit « On a fini l’étape d’aujourd’hui, on a qu’à essayer de s’avancer un peu, et pourquoi pas essayer le stop ? hihi».
La première voiture à qui nous avons tendu le pouce s’est arrêtée et nous a pris tous les 4. Ce n’est pas parce que nous étions jeunes, jolies et blondes car en vérité j’étais la seule fille avec 3 garçons, et je n’étais pas en mini-short. Nous avions des sacs à dos, voilà tout. Une gentille mère de famille nous a avancé de 10km (et nous avons marché 20km de nuit jusqu’au Lac d’Issarlès en se perdant presque (bon oké, en se perdant totalement à un moment)).

On the road again, en Ardèche
On the road again, en Ardèche

Le lendemain, pareil. Sur une petite route vide, on croise deux, trois voitures, pleines, et puis un couple s’arrête. Ils nous ont pris tous les 4, serrés à 6 dans une voiture 5 places. Le voyage a été de courte durée puisque nos routes se séparaient. Alors que nous commencions à chercher une forêt pour dormir, un monsieur s’est arrêté à notre hauteur, & nous a proposé de nous avancer un peu. Au final, il a fait un détour et nous a amené à notre étape du lendemain.

Bien sûr, nous n’avons pas traversé la France entière et n’avons fait que de très courts trajets, mais là où nous sommes allés, les gens se sont toujours montrés bienveillants et voulaient nous aider à avancer. En France !

3. La France, c’est cher en plus.

Boutade ! Pour 10 jours, nous avons dépensé environ 50 € par personne.
Mais, mais, mais comment ? Déjà, nous avons dormi sous tente, ce qui ne nous a rien coûté du tout.
Ensuite, nous avons acheté des conserves, du pain et quelques gâteaux (mais sans huile de palme !).On dirait que c’est horrible comme ça, mais en fait, c’était génial. Quand nous avions oublié d’acheter à manger (parfois on était vraiment très con-centrés dans notre marche) nous allions demander aux gens que nous croisions, auberge ou particuliers. Ce sont nos meilleurs repas mais surtout nos plus beaux souvenirs, car les gens ne nous ont pas juste donné à manger, ils ont partagé leur soirée avec nous. Et le partage, c’est vraiment une valeur importante dans un voyage selon moi.
Par ailleurs, nous nous lavions de façon… Rudimentaire. J’entends par là : dans les lacs et les rivières, avec du savon biodégradable bien sûr. Ca donnait une dimension très aventurière à nos bains car en montagne/plateau, l’eau, elle est bien fraîche croyez-moi.
Autre point clé : il y a des fontaines dans tous les villages et toutes les villes, ce qui permet de ne pas acheter d’eau, parce que quand même on buvait pas dans les flaques non plus.
Qu’on ne me dise plus que voyager « je peux pas c’est trop cher! », il faut juste savoir ce qu’on veut !

Un authentique randonneur en train de se laver
Un authentique randonneur en train de se laver

4. Bon d’accord, pour le stop on te croit, mais en général, la mentalité des français avec les voyageurs, elle est pourrie, na !

Bon, oui nous avions parfois l’air sales et perdus (c’est le lavage dans la rivière, ça change un Homme), mais personne ne s’est moqué de nous, et même dans les endroits très très très touristiques  les gens qui étaient assis à des restos ou qui flânaient nous demandaient où nous allions, d’où nous venions… Histoire de partage encore une fois.
Puis les gens ont aussi le droit d’être de mauvaise humeur, ou d’être jaloux de voir quelqu’un faire ce qu’ils n’osent pas tenter. Dans ce cas là,  poses-toi tranquilou et détends toi  :

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Chill au coin du feu

Et puis no stress, personne ne nous a agressés hein.

5. On est presque convaincus, mais on a quand même trouvé quelque chose : On a pas le droit faire du camping sauvage en France, c’est in-ter-dit !

Ah oui, mais il faut clarifier les choses : le camping sauvage est aussi interdit que le bivouac toléré.
Camper, c’est interdit parce que ça suppose que la personne reste à un endroit sur le long terme, s’installe, jette ses papiers par terre (le sacrilège !), tout ça, tout ça.
Et je suis d’accord avec l’interdiction parce que on ne va pas se mentir, il y a des campeurs du dimanche très dégueulasses.
Donc je reviens au bivouac : pour ceux qui ne savent pas, c’est un peu le coup d’un soir du camping. On plante la tente à 19h, et le lendemain à 9h il faut être parti en ayant nettoyé, rangé, et avec discrétion.
Donc camper non, mais bivouaquer dans le respect de l’endroit où on va dormir, oui, et pour toujours

C'est ça la vie
C’est ça la vie

6. Mais imagines on se fait agresser par un fou dans les bois en campant

Non. Parce que quand vous campez dans la fôret, le fou qu’on a peur de rencontrer dans les bois, c’est vous. C’est tout.
Personne ne va venir vous découper dans votre sommeil, puisque à moins que vous ne campiez avec des caissons de 20 KW, personne ne remarquera qu’il y a quelqu’un.
Au pire, vous rencontrerez un autre pauvre campeur, échangerez quelques mots sur votre périple et vous endormirez dans votre duvet, sans aucune peur au ventre.

Un fou devant ma tente ! Ah, non, c'est mon pote en fait
Un fou devant ma tente ! Ah, non, c’est mon pote en fait

7. De toute façon, pour voyager comme ça en France et voir de belles choses, il faut trop se fatiguer, et moi j’aime pas marcher !

Pas plus que pour un après-midi shopping… Il faut savoir ce que l’on veut, à savoir la nature sur Arte à la télé, ou les chaussures de rando aux pieds et la beauté d’une nature en vrai.
A savoir que si on va à son rythme, ça ne sera pas fatigant, juste plus long (mais qu’est-ce que le temps en voyage?), mais le temps passe vite quand on regarde autour de soi, ou qu’on réfléchit, et marcher ça fait réfléchir !
Puis on est pas obligé de marcher, on peut rouler à vélo, à roller, en longboard… Y’a plein de façons pour s’amuser !

Et là, tu réfléchis sur le sens de la vie.
Et là, tu réfléchis sur le sens de la vie.

8. Non mais elle dit ça parce qu’elle a jamais voyagé la madame

Hého, c’est vilain ça !
Même si l’Ardèche a été mon premier périple « seule »  et que j’en tire donc des émotions plus fortes, je suis quand même un peu sortie des frontières (du genre en Autriche,au Costa Rica, et plus récemment en Islande…) et je maintiens donc : la France, c’est beau, objectivement & même subjectivement 😛

9 .J’ai déjà fait le tour du monde moi, rien de m’émerveillera après tout ce que j’ai vu !

Allez, petit être intelligent, relis la n°1  ☮

Happy end
Happy end

Bien sûr, je conçois que le concept de « je me lave dans la rivière  – je marche 200km à pied » peut ne pas plaire à tout le monde, mais je pense que dans la vie il faut essayer ! De plus, pour un premier voyage « en solo », la France permet d’être dans un pays ou la barrière de la langue n’est pas un problème (sauf pour les bilingues, trilingues, quadrilingues, certes), et on a généralement toujours un point de chute, un cousin chez qui aller en cas de problème..
Voilà, maintenant qu’on sait tous que la France c’est cool, tout va mieux !
Partant(e) pour un trip avec moi ? 

Et comme les actes valent mieux que les mots, en avant les sacs à  dos !

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10 commentaires sur “Pourquoi voyager en France, c’est pas nul

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  1. Bravo Justine! Tu as tout compris…. Le voyage est partout…et ce n’est pas pour rien que la France est un des premiers pays au monde pour le tourisme !! La Haute Ardèche est un pays fabuleux!!! attends de voir les Monts d’Auvergne ou les Cévennes !!

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  2. Je trouve l’article vraiment bien construit, néanmoins j’emet quelques réserves non pas sur la beauté, mais sur les prix pratiqués.
    Comparativement avec l’Espagne ou j’ai l’habitude d’aller , je trouve qu’en terme d’accueil et de tarifs , cette belle France gagnerer a s’ améliorer, il est anormal de voir les prix exploser a l’approche de la belle saison.
    Sinon sur le fond je suis d’accord la France est belle.

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