Roadtrip en Gaspésie

Pour notre semaine de vacances (semaine de relâche, encore appelée semaine de travaux et d’études, quelle drôle d’idée) nous avons décidé de partir à la conquête de l’est!
Ainsi, toujours plus à l’est… En Gaspésie!

Pour un confort de lecture maximal, je vous propose une petite BO :
 Ben Howard - The Wolves
 Papa Mali - Sugarland 

Nous avons récupéré notre carosse à Trois-Rivières, et sommes partis pour avoir du fun québécois.
Après une journée de route à faire défiler le Québec sous nos roues pour remonter le Saint Laurent et se rapprocher toujours un peu plus de son embouchure, on réalise notre premier stop.
Le Parc National du Bic, en fin de journée.

Parc du Bic

Nous avons marché jusqu’à l’île aux Amours (quel nom mielleux), accessible seulement en traversant la baie à pied. On a ensuite marché sur cette île peuplée uniquement d’animaux (je soupçonne surtout la présence de beaucoup d’insectes) jusqu’à un escalier descendant vers une plage secrète.

Parc du Bic et Île aux Amours

Île-aux-Amours

Toujours suivre les panneaux

Nous avons regardé les oies des neiges partir pour leur dortoir. Nous avons observé le soleil caresser les collines, puis les rochers et enfin s’accaparer toute la baie pour un sunset d’enfer d’orfèvre.

Oies des neiges
Coucher de soleil sur le parc du Bic

On repart pour passer la nuit à Rimouski, se reposer, et le lendemain, on roule jusqu’à entrer réellement en Gaspésie. La route 132, que nous avons suivie tout le long du voyage fait de nombreux lacets, coincée entre le littoral et les falaises. Elle est belle et expressive, comme les lacets d’une paire de Vans que vous auriez traîné avec vous à tous vos festivals. Bref, la dénomination actuelle de Gaspésie trouve son origine dans la langue micmaque (de la Nation Amérindienne des Micmacs) sous le terme « Gespegeoag », signifiant «bout de la terre». Sommes-nous au bout d’un monde?

Ça sent la mer, c’est bon on est en Gaspésie

Premier arrêt à la réserve faunique de Matane, fermée en grande partie pour la chasse à l’orignal. Ayant une envie plutôt moyenne de jouer à cache-cache avec les chasseurs, on décide d’emprunter un sentier  tout de même accessible, très petite partie du SIA (Sentier International des Appalaches, de Miami à la Gaspésie) jusqu’à la rivière Matane.

Rivière Matane

Repartons vers l’est, encore,  pour le parc national de la Gaspésie. Le long de la route, les paysages s’enchaînent, de littoraux à montagneux.

Gaspésie playa

On the road again

On rentre dans le parc, des panneaux nous signalent la présence d’orignaux, la vue sur les montagnes est folle. Les montagnes, chose qui me manquait (sans parler du fromage) ici au Québec. C’est beau de revoir du relief, de regarder en face un défi, un appel à gravir.
Envie inssaisissable, venant de ces montagnes que tu veux atteindre, sans être sur de la raison pour laquelle tu veux le faire. Elles qui sont si majestueuses, mais si fatigantes. Tu sais que tu vas avoir mal aux jambes, des ampoules aux pieds, le nez qui va tomber (bon ça c’est spécial Everest) mais tu veux quand même arriver en haut. Un appel au dépassement de soi, le sentiment d’être happé par les sommets (toi non ?).
Toutes les montagnes sont différentes mais toutes ont ce pouvoir, nous faire sentir si insignifiants et importants en même temps, une fois arrivés en haut.

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Attention, orignaux!

Ici, les jolies montagnes que je viens de flatter font partie du massif des Chic-Chocs. Le nom Chic-Chocs vient d’un mot Micmac qui signifie « barrière impénétrable », sûrement parce qu’à l’époque où les amérindiens n’avaient pas encore de 4×4, ces montagnes devaient leur sembler impossibles à traverser.

Rivière Sainte-Anne

«tomber en amour devant un paysage»

Après avoir payé notre entrée et s’être baladés un peu, un garde nous propose une randonnée pour l’après midi : Le mont Ernest Laforce, 820m.
La route pour arriver au parking est enneigée et notre voiture n’est pas équipée de pneus neiges, on commence à patiner sévère, alors on décide de se garer là et de continuer à pied (le courage, la bravoure, tout ça). 2km plus tard on arrive au début du sentier de 4,5km. La randonnée est assez simple, même si vers la fin ça monte quand même rudement. On s’arrête à un banc pour admirer la vue, et en contrebas, que voit-on ? Un orignal, couché dans la neige. Premier flot de magie et de confettis.

Papa orignal

Arrivés en haut, on voit une tempête de neige arriver droit sur nous. Ca ne rate pas, il commence à neiger à gros flocons sur nos pauvres petites têtes sans tuques! On voit toutes les montagnes, on apprécie malgré le froid mordant nos joues et le jour qui décline à vue d’oeil.

Du haut d’Ernest

Avec beaucoup de bonne humeur et quelques chutes sur les fesses avec classe et volupté,  on redescend. Et là, encore fois de façon totalement fortuite et inattendue, se tient une femelle orignal à quelques pas de nous. Un animal placide, pas même effrayée par nos faces, broute tranquillement les lichens. On l’admire, subjugués par ce symbole vivant du Canada qui se tient à moins de 3 mètres. C’est le plus grand cervidé actuel, appelé élan en Europe.
Je partage juste ce fait hilarant : « Les Iakoutes de Sibérie l’ont utilisé comme animal de trait et comme monture. Ce dernier usage a plus tard été interdit en Russie, car des malfaiteurs montant des élans distançaient les chevaux de la police.»
Je résume, prends ton élan et distances la police. Dans les 2 sens du terme. Tu l’as ? 😛

Maman orignal
Photo de l’extrême, qualité années 70.

Puis on continue chacun notre chemin, toujours sous la neige. On récupère la voiture, sans vraiment savoir ou dormir. On trouve finalement refuge dans un abri après une petite demi-heure de marche dans la neige et de nuit, où on passe une nuit fraîche mais au sommeil réparateur (surtout pour nos petites pattes courtes et fatiguées).

Chemins enneigés

Vers 8h le lendemain, je me lève et sors voir le lac aux Américains, grand lac… Gelé. En octobre, à 685m d’altitude. Une si vaste étendue d’eau gelée, c’est plutôt impressionnant, surtout lorsque le soleil s’y lève, passant de façon alanguie par dessus les montagnes.

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Lac aux Américains

En route ensuite pour une randonnée un tantinet plus sportive, le mont Joseph Fortin, 1040m, catégorisé difficile par la SEPAQ.
Eh bien, on sent les poutines relativement bien installées à la place ou devraient être des abdos et des cuisses d’acier (la graisse tient chaud l’hiver, qu’ils disaient). Avec 500m de dénivelé positif en 5 km de sentier c’est plutôt raide et très enneigé, donc potentiellement décourageant, mais pas pour nous, aventuriers de l’extrême et de l’humour!

Je suis chez le papa Noël, je SUIS le papa Noël.

Donc on monte. Avec détermination. Avec le sourire. Avec la transpiration qui coule dans notre dos. Après 1h30 de marche dans la neige, on arrive enfin, en haut. La vue donne le vertige, on a l’impression de pouvoir voir le Saint-Laurent au loin. En contrebas, le lac aux Américains, et l’abri où nous avons passé la nuit.

Du haut de Joseph-Fortin

On fait un deuxième arrêt en haut de la montagne au point de vue dit « De la Falaise », offrant une vue panoramique sur le versant ouest du parc national.

«salut, enchanté, je suis le paysage,
mes courbes te plaisent ?» «Oh oui!»

On redescend ensuite vers le parking, où on rencontre des Mésangeais du Canada, corvidés facétieux. On mangeait des graines de tournesol comme des p’tis piafs, et il ne leur a pas fallu très longtemps pour venir nous en réclamer. Habitués aux randonneurs, ils attendaient peut être quelque chose de plus sucré, mais… Mais non.

Mésangeai du Canada

Retour sur la route. On croise deux fois des orignaux, puis on s’arrête sur le bord de la rivière, rencontrant une passerelle sur la rivière Sainte-Anne, puis une jolie petite cascade.

Passerelle des eaux intrépides
Cascade

Retour sur la route. Direction le retour, déjà, après ces marches digestives et sportives. Le lendemain une fois de plus, on visite le parc national du Bic, de jour cette fois. Zigzag à travers les baies, marche le long de la plage pleine de brouillard.

Parc du Bic, Anse au Voilier
Anse à l’Orignal

Des cerfs de Virginie broutent et nous passons à côté d’eux. On longe l’Anse à l’Orignal, puis on découvre l’Anse à Mouille-Cul (nom tout à fait raffiné, n’est-ce pas? J’aime ça.). Le brouillard est présent tout le long de notre marche, donnant un côté islandais, les arbres en sus, à notre balade, et nous rappelant une fois de plus des souvenirs de liberté.

Anse à Mouille-Cul
Cerfs de Virginie en Gaspésie

Le cerf de Virginie est le cervidé le plus commun en Amérique du Nord, et est présent jusqu’au Brésil. Il est même appelé «biche des palétuviers en Guyane». C’était une fois de plus une anecdote fort utile, pas besoin de me remercier. Une fois de plus, les amimaux étaient peu farouches et se laissaient caresser par nos yeux.

cerf de Virginie

Encore un départ, pour le sud cette fois. Le vrai retour vers Trois-Rivières. On roule tout l’après midi, quel plaisir de conduire sur les routes canadiennes, de conduire tout court en fait, ça faisait longtemps.

IMG_8290
En début de soirée, on arrive à la maison, tristes que ce soit déjà fini. Mais comme rien n’est jamais fini, on recommencera bientôt à découvrir cette jolie contrée qu’est le Canada!

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16 commentaires sur “Roadtrip en Gaspésie

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  1. Entre les bélougas de l’autre article et les orignaux, c’est la méga classe… il manque plus qu’un ours, et je serai officiellement jaloux (le pire, c’est que je sais que l’attente ne va pas être très longue…) 🙂

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  2. On the road again, vous avez pris de la hauteur, la montagne, l’altitude et l’air pur te manquaient !!!! il y a autant d’orignaux au Canada que de marmottes dans les Alpes et chose étrange même pas peur, ils attendent qu’on leur donne à manger!!!!!

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  3. On the road again, vous avez pris de la hauteur, la montagne l’altitude et le grand air vous manquaient !!!!! il y a autant d’orignaux au Cananda que de marmottes dans les Alpes, et en plus même pas peur effectivement il ne vous reste plus qu’à rencontrer des ours !!!!

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