Manitoba, y’a rien là-bas ?

En route pour le 2ème chapitre du carnet de route « From Montreal to Vancouver » ! 🙂
 

Comme un air des Prairies :
Alabama Shakes - Hold On
The Griswolds - Heart of a Lion


Nous avons vu un ours à la frontière entre l’Ontario et le Manitoba, ce qui nous as mis dans une dynamique d’émerveillement (pas vraiment différente de d’habitude!) puis nous sommes entrés dans un des paysages les plus constants du monde, les Prairies comme les appellent les canadiens. A l’est l’Ontario et ses lacs entrelacés dans les forêts, à l’Ouest le Saskatchewan qui semble plus plat que tout.

Le nom de la province vient d’un mot cri signifiant « passage du Grand Esprit ».
Il faut savoir qu’au Sud, on est dans les prairies, mais qu’au Nord on est dans la toundra et la forêt boréale. Ainsi nous qui avons traversé, sommes restés relativement dans le sud, mais au nord il y a Churchill, ville considérée comme « capitale de l’ours polaire « . C’est notamment là bas qu’a été prise la désormais célèbre photo du renard roux tenant un renard polaire dans la gueule... Bref, pas que de la prairie au Manitoba!

Winnipeg y est la capitale, 8ème plus grande ville du Canada. Nous nous y sommes arrêtés pour visiter le Musée  du Manitoba, chef d’oeuvre de culture.
On y visite le Canada depuis les fossiles jusqu’à la reproduction d’un village des années 20, en passant par l’histoire des amérindiens.

IMG_3358
Reproduction d’une scène de chasse amérindienne, musée du Manitoba

La population la plus importante de premières nations au Manitoba a été celle des Cris (Cree), et l’est encore aujourd’hui. Avec plus de 200 000 personnes, les Cris forment le plus grand groupe de Premières Nations au Canada. Connus pour leur ouverture au mariage inter-tribal, ils ont engendré le peuple métis, descendants de l’union de Cris et de Français du Canada. On découvre également  au musée un sublime portrait de Wanduta (Red Arrow), chef de la tribu des Sioux d’Oak Lake au Manitoba, immortalisé en 1913. C’était un Heyoka de la nation Dakota, qui visait à faire reconnaître son droit de célébrer la traditionnelle danse des herbes sacrées en 1903.

IMG_3524 - copie
Reproduction d’une ville des années 20, musée du Manitoba

 

Après avoir continué la route pendant de nombreux kilomètres, avoir dormi sur un vieux parking en bord de route à Neepawa, et roulé encore et toujours plus, nous voilà au Riding Moutain National Park. A près de 300km de Winnipeg, caché au milieu des montagnes, ce parc national de presque 3000km2 représente entre autres un des derniers habitats du bison des plaines (Bison bison). En effet un troupeau d’un peu plus de 40 bisons est présent au sein d’une aire spéciale de conservation du parc national.

Processed with VSCO with g3 preset
(toute) Petite harde de bisons

 

Mais pourquoi y’a plus de bisons ?
Au milieu du 19ème siècle on estimait entre 60 et 100 millions de bisons en Amérique du Nord. En effet le bison était ce que l’on appelle une espèce clé de voûte, c’est-à-dire dont l’empreinte sur l’environnement est énorme en comparaison à la biomasse des animaux. Le pâturage des bisons a façonné l’écologie des Grandes Plaines aussi fortement que les feux de prairie périodiques. Par la suite, au milieu du 19ème siècle, l’armée américaine a activement approuvé le massacre des troupeaux de bisons pour plusieurs raisons :  assurer aux éleveurs des pâturages pour leur bétail sans la concurrence d’autres bovins, et surtout affaiblir la population amérindienne en lui retirant sa principale source de nourriture et la contraindre à s’établir dans des réserves. Ensuite la chasse industrielle (ayant conduit à d’autres fins dramatiques pour les espèces telles que la disparition de la tourterelle voyageuse), a continué d’épuiser les populations, à un rythme de chasse de 2000 à 10 000 têtes par jour.  A la fin du 19ème siècle, on estime leur population à moins de 800.

Bison_skull_pile_edit
Chasse commerciale, archives des US (1860)

Cela dit il s’agit du premier cas de réintroduction réussie en Amérique du Nord puisqu’en 2015 on dénombre 500 000 bisons grâce à des actions de préservation et de réintroduction conjointes.

Processed with VSCO with g3 preset
Bison seul dans sa plaine

Et dans le Manitoba, pourquoi là-bas?
La plaine du lac Audy où résident actuellement les bisons a été choisie pour son écosystème des prairies sain constitué de fétuque, et parce qu’on y a trouvé de vieux os de bison et des traces indiquant que cette région faisait partie de l’aire de répartition historique du bison avant qu’il ne disparaisse.
Sa réintroduction est une des étapes du processus de réhabilitation et de protection de l’écosystème des prairies. En effet la réintroduction du bison au Manitoba a pu être réalisée grâce aux méthodes de conservation qui ont été mises en application d’abord au début des années 1900, par la mise sous protection d’un petit troupeau de 20 individus, décimés ensuite par la tuberculose bovine, ensuite remplacés par un apport continu de bisons du parc d’Elk Island.
Un suivi des déplacements des bisons dans le parc national par pose de colliers GPS a été mis en place en collaboration avec l’Université de la Saskatchewan et les Ojibways de la Première Nation de Keeseekowenin.

Processed with VSCO with g3 preset
Le troupeau et les veaux
Processed with VSCO with g3 preset
De la marche
Processed with VSCO with g3 preset
Les vachers, oiseaux des bisons
Processed with VSCO with g3 preset
Veau amateur de pissenlits,
Processed with VSCO with g3 preset
Veau heureux!

Ce sont ces bisons là, que nous avons vus dans la prairie reculée du Manitoba. Encore une fois nous étions seuls, notre voiture nous séparant de ces énormes animaux de presque 2m de hauteur. Nous avons assisté à leur spectacle, les bébés bisons suivant leur mère, les mâles se battant entre eux, et au milieu de ça, les vachers à tête brune (Malotrus ater). Replongés à la belle époque des hardes de bisons dans le confort d’un moyen de locomotion moderne.

Entre autres cette parenthèse poilue, nous avons aussi marché sur Bald Hill -la colline chauve- et nous sommes assis sur ces chaises rouges que Parcs Canada a installé dans tous les parcs et que les visiteurs doivent s’amuser à trouver. Nous n’avons croisé personne a part la route des animaux, comme un carcajou, des ours et des castors pendant ces quelques jours dans le parc National…et des tiques! Horreur, enfer et damnation, ces bêtes des enfers se sont retrouvées accrochées à nos vêtements, et parfois pour le moins chanceux, a notre peau!  La Nature plus présente que les Hommes ? Pari réussi pour ce parc national dont personne à qui nous en avons parlé ne le connaissait!

Processed with VSCO with f2 preset
Chaise Parcs Canada et colline chauve
Processed with VSCO with g3 preset
Jeune orignal
CL9A8444 - copie
Castor canadien

 

Le Manitoba a ensuite lentement laissé place au Saskatchewan … so flat !

Publicités

3 commentaires sur “Manitoba, y’a rien là-bas ?

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :